mardi 4 décembre 2018

Tableau blanc virtuel


Tableau blanc virtuel, faciliter la collaboration à distance
Par Laurent Gosselin. Le 11 octobre 2018
Pour préparer le laboratoire sur la ludification qui aura lieu durant l’hiver 2019, Laurent Gosselin, enseignant en animation 3D au collège Bois-de-Boulogne, spécialiste en techno pédagogie en développement de jeux sérieux, a exploré les divers outils utilisés par la VTÉ dans le cadre de ses laboratoires afin d’identifier l’outil logiciel qui soutiendrait de façon remarquable l’échange d’information et la collaboration à distance nécessaire pour atteindre les objectifs de son laboratoire. Dans cet article, Laurent nous fait part de son approche et sa démarche pour trouver l’outil sur lequel il a jeté son dévolu.
Lors de ses laboratoires, la Vitrine technologie-éducation propose des activités de collaboration afin de mettre en commun l’expertise liée aux sujets visés et ainsi de créer de nouveaux savoirs qui pourront être partagés. Par exemple, lors du laboratoire sur les outils de collaboration, les participants ont coopéré afin de déterminer les caractéristiques d’une collaboration réussie, en créant des cartes conceptuelles à l’aide de CMap Tool. Cette approche collaborative des laboratoires VTÉ demande d’utiliser des outils faciles d’utilisation, qui puissent être utilisés par des utilisateurs répartis dans l’ensemble du Québec. Depuis la tenue de ce laboratoire en 2013, une multitude d’outils ont été développés. Plusieurs d’entre eux peuvent aujourd’hui faciliter des collaborations en temps réel à distance.
En démarrant la conception de mon laboratoire sur la ludification, j’ai donc effectué une réflexion sur les outils que la VTÉ a utilisé dans le cadre de ses laboratoires en ligne. Le point de départ de ma réflexion fut également de considérer les différents outils qui sont souvent utilisés en classe et d’évaluer leur potentialité dans le contexte numérique. Je me suis intéressé particulièrement au tableau blanc, un outil qui fait partie intégrante des expériences d’apprentissage. Nous avons souhaité l’étudier également comme soutien à des approches pédagogiques innovantes. La réflexion qui suit est donc séparée en deux parties :
Présentation de l’utilisation du tableau blanc dans des contextes d’innovations
Choix de l’outil que nous testerons en groupe lors du laboratoire sur la conception ludique en pédagogie à l’hiver 2019
Pour le conseiller pédagogique et l’enseignant, cette réflexion pourra d’ailleurs être une source d’inspiration dans leur propre contexte pour mettre en scène des activités d’apprentissage en mode projets ou en mode socio-construction. D’ailleurs, nous vous invitons à partager vos réflexions sur cet outil et sur vos pratiques collaboratives en commentaire de cet article.
Le tableau blanc, un outil essentiel pour la conception et la gestion de l’innovation?
collaborationVous connaissez assurément le tableau blanc, qui était d’ailleurs noir ou vert lorsqu’on se servait d’une craie comme marqueur, utilisé dans le contexte d’activités d’apprentissages. Depuis longtemps, plusieurs activités de transmission du savoir s’articulent autour de ces fameux tableaux ! Ils offrent un lieu de présentation de l’information, un lieu qui permet la résolution de problèmes complexes à coûts modiques (si vous avez un tableau interactif, c’est autre chose). Saviez-vous que le tableau blanc est un outil essentiel lors de projets de développement de solution technologique, surtout lorsqu’ils utilisent des principes d’agilité ? En effet, l’espace autour et sur le tableau blanc est utilisé comme un lieu dans lequel on organise des activités nécessaires au bon déroulement d’un projet. Dans ce domaine, les abstractions nécessaires à la conception, à la réalisation du projet peuvent s’avérer difficile à communiquer, comprendre et co-construire. De plus, il est essentiel de prendre en considération les points de vue, les enjeux propres à chaque discipline participant à la réalisation du projet afin de faciliter la collaboration à la réalisation du projet. Dans l’industrie du développement technologique, le tableau blanc est souvent utilisé comme un lieu de rencontre, de discussion, de collaboration autour duquel on organise des activités. Conséquemment, pour illustrer les utilisations du tableau blanc dans le contexte de la collaboration en pédagogie, nous allons présenter différentes formes de leurs utilisations dans les industries créatives.
Le tableau blanc, un espace pour réaliser des activités de collaboration?
Voyons comment des activités de collaboration, de présentation d’informations, de gestion de projet peuvent être organisées autour du tableau blanc. Le tableau blanc devient un lieu privilégié pour organiser des activités d’équipe ciblant la cocréation, la concertation, la recherche de solution, bref qui permet la mise en commun de l’intelligence d’un groupe donné. Par exemple, lors de remue-méninge visant l’idéation, on peut utiliser des notes collantes de type «Post It», des articles scientifiques imprimés, des études de marchés, des recherches, des concepts visuels et les afficher sur le tableau blanc. Ainsi, l’activité de remue-méninge  offre de visualiser ces propositions, de discuter de leurs enjeux, de dégager celle qui sera le plus pertinente, celle qui sera le plus facilement réalisable.
Les tableaux blancs sont également utilisés pour la gestion de projets. Par exemple, les méthodologies agiles proposent l’utilisation de notes collantes et de tableaux blancs pour visualiser le processus de production de la solution envisagée. En suivant les règles du modèle de gestion choisi, les développeurs peuvent déterminer quelle tâche devra être accomplie dans une période déterminée et faire le suivi de ces tâches sur une base quotidienne.
Le tableau blanc, oui, mais pourquoi l’utiliser ?
L’intérêt principal du tableau blanc réside dans le fait qu’il offre un lieu unique pour organiser différentes activités. Durant ces activités, les participants peuvent autant y argumenter verbalement que visuellement. En effet, les participants peuvent illustrer leur argument par différentes stratégies : dessin sur le tableau, note collante, collant thématique, création de cartes de logique... Comme le tableau blanc propose un espace limité, circonscrit, il oblige chacun à une synthèse de l’information visuelle qu’il souhaite présenter au groupe. Également, le tableau blanc est un lieu neutre où chaque intervenant peut facilement prendre la parole et participer au processus. De plus, le tableau blanc permet la persistance de l’information. En effet, l’information qui a été coconstruite peut facilement être accessible par les membres de l’équipe. Celle-ci peut être mise à jour au fur et à mesure que le processus ciblé avance dans le temps. Finalement, le tableau blanc peut être séparé en différentes sections pour soutenir différentes activités.
Le tableau blanc, la synthèse est-elle importante?
Voyons comment cet espace limité permet de créer des synthèses de la pensée essentielles à la collaboration. Premièrement, la synthèse encourage la mise en place de stratégies individuelles pour faciliter la compréhension des autres personnes impliquées dans le projet. En effet, le processus utilisé pour illustrer son idée demande une réflexion afin de déterminer son essence et de réfléchir à la manière la plus simple de communiquer celle-ci aux autres pour qu’ils la comprennent. Généralement cette « synthétisation » demandera l’implication, la collaboration de l’ensemble des personnes concernées afin de se mettre d’accord sur une expression commune de l’idée. Le processus de collaboration nécessaire pour développer cette synthèse offre alors l’opportunité de développer une réflexion partagée et permet à chacun de s’approprier le résultat en fonction de ses enjeux propres. Cet exercice de synthèse permet d’évaluer la complexité de la problématique en fonction des capacités potentielles de l’équipe de travail. En effet, lorsqu’une équipe n’arrive pas à réaliser ce travail de synthèse, cela révèle que de nouvelles stratégies doivent être mises en place pour permettre d’avancer dans le projet. Ultimement, une synthèse développée par un groupe permettra à celui-ci de concentrer ses énergies sur ce qui est essentiel.
Le tableau blanc, rendre efficace les activités qui y sont organisées
Il est à noter que pour rendre efficaces ces activités de collaboration, une bonne organisation sera nécessaire. Pour ce faire, un membre de l’équipe agira en tant qu’animateur qui à la manière d’un «maître de jeux» déterminera des objectifs, des règles, des étapes, des balises temporelles. Dans le laboratoire sur le jeu en pédagogie qui aura lieu à l’hiver 2019, nous verrons comment différentes formes d’activités autour d’un tableau blanc peuvent aider à la création de jeux. En voici un mini avant-goût.
Pour la conception d’un jeu logiciel, différentes activités autour du tableau peuvent être réalisées en regard des objectifs du projet. Le tableau permettra généralement de visualiser en groupe les solutions envisagées. Également l’utilisation de modèles théoriques et de documents types affichés au tableau pourra soutenir la compréhension du groupe de ce qu’il faut réaliser. Par exemple, la création d’une fiche de persona peut être faite dans une activité de cocréation pour décrire les caractéristiques de l’utilisateur potentiel du logiciel. Cela assure la compréhension commune du groupe du profil de l’utilisateur ciblé pour orienter les choix de productions. Cette fiche de persona peut ensuite être affichée sur le tableau pour permettre aux membres de l’équipe de s’y référer et de ne pas perdre de vue l’utilisateur cible de l’application à développer. Tout un ensemble de fiches peuvent être ainsi créées en groupe puis affichées. Elles offrent alors une synthèse des caractéristiques jugées importantes du logiciel et permettent au groupe de garder le cap dans la réalisation des composantes clé pour la réussite de la production.
Le tableau blanc un outil pour la cocréation lors d’un laboratoire VTE?
Compte tenu des caractéristiques du tableau blanc mentionnées précédemment, nous avons cherché le logiciel qui nous permettrait le mieux de soutenir la collaboration dans le laboratoire sur la ludification de l’hiver 2019. Nous avons d’abord décrit le contexte d’utilisation de l’outil pour ce futur laboratoire :
Une cinquantaine de participants connectés par une application de visioconférence permettant d’animer des sondages, des discussions, de partager des documents
Chaque participant possède son ordinateur connecté à internet, qui n’est pas standardisé (MAC, PC, tablettes...). Il utilise l’application de visioconférence et peut également utiliser un fureteur pour d’autres activités.
Pas d’installation de logiciel
Tout nouvel utilisateur de l’outil doit pouvoir s’approprier rapidement les principales fonctions pour pouvoir s’impliquer dans les activités collaboratives
Ensuite, voici ce que nous avons défini comme critère de sélection pour choisir un outil de tableau blanc virtuel parmi l’offre nombreuse.

Critère efficacité :
accessible par plusieurs utilisateurs simultanément en temps réel
offre des fonctionnalités pour présenter de l’information sous différentes formes (images, dessins, texte, etc.)
possibilité de rejoindre le tableau blanc le plus simplement possible
permet la présence simultanée en ligne d’au moins 50 utilisateurs.
ergonomie de l’application
Critères efficience
Minimalisme de l’ergonomie (facilite l’utilisation par les nouveaux utilisateurs)
Un outil facile d’utilisation, qui ne demande pas d’installation de composantes complexes (plug-in, installation de logiciel)
Le coût de l’utilisation de l’outil (est-il gratuit/payant, fonctionne-t-il avec des licences)
Critère de satisfaction envisagé
Expérience plaisante d’utilisation
La solution que nous avons retenue, c’est MURAL.CO
Au fait, Mural c’est quoi?
Mural est un service web qui offre un espace de travail collaboratif visuel. Concrètement, Mural propose un espace virtuel semblable à un tableau blanc où l’utilisateur peut afficher des notes collantes, des images, des vidéos YouTube. Cet espace est considéré comme collaboratif car il est partagé en temps réel au moyen d’un hyperlien par plusieurs utilisateurs qui peuvent interagir en temps réel sur des éléments du tableau blanc. Par exemple, on peut organiser un vote sur des concepts énoncés par les « post-it » des participants. Ou on peut classer des éléments de différents formats, figurant des concepts, dans des grilles pré-définies affichées sur le tableau. Finalement, on peut constituer plusieurs murales pour cataloguer différents types d’activités liées à la gestion, la présentation d’information ou à la création ou insérer tout cela dans la même murale.
Toute une collection de vidéos permet de se faire une idée des possibilités de Mural et des nombreux « templates » disponibles pour soutenir différents objectifs de collaboration, réalisation ou présentation. Mural vous permet également de créer vos propres patrons, comme cet exemple sur la collaboration à distance. Et le blog de Mural partage des idées et des témoignages comme celui-ci qui donnent des trucs et des activités pour vaincre la timidité des participants de rencontres à distance. Vous pouvez tout savoir de Mural en 40 minutes. Ces vidéos sont en anglais, toutefois les fonctions de traduction et de sous-titrage de Youtube vous permettront de bien comprendre les informations qui y sont présentées dans la langue de votre choix.
Oui c’est beau tout ça, mais en tant que conseiller pédagogique, enseignant ça va me servir à quoi?
En pédagogie, Mural permet de créer des espaces de travail persistants qui sont sauvegardés automatiquement et partagés en temps réel par plusieurs utilisateurs. Ainsi, il est possible de faire des présentations de type classique (par ex. : magistrale), mais également de réaliser une multitude d’activités créatives et interactives à l’aide d’une palette d’outils simples d’utilisation, facile de compréhension qui permettent à l’enseignant d’impliquer les apprenants dans des activités de collaboration.
Si je veux utiliser Mural, j’ai besoin de quoi?
Mural est accessible sur différentes plateformes au moyen de son ordinateur personnel, d’une tablette ou d’un téléphone intelligent.  Une application iOS est disponible pour les produits mobiles Apple de même que pour Windows10.
Pour se connecter, il suffit de se rendre sur la page d’accueil mural.co et se connecter à son compte. Un participant peut également se connecter à une murale au moyen d’un lien qui lui aura été partagé préalablement. Son rôle dans les activités variera en fonction du type d’utilisateur et des autorisations qui lui seront accordées par le propriétaire de la murale.
Un service? Vous voulez dire que Mural est payant!
Mural est un service payant au mois, à l’année pour les utilisateurs professionnels. Par contre, il est offert gratuitement pour les enseignants et les étudiants. L’offre peut être étendue par les administrateurs de Mural aux personnels non enseignant des établissements scolaires en présentant les justifications pertinentes. À noter que des utilisateurs peuvent se joindre gratuitement à une activité Mural mais que les fonctionnalités qui leur sont offertes sont limitées par rapport à des utilisateurs connectés.
En résumé Mural c’est
Un service web permettant de créer et gérer des tableaux blancs virtuels accessibles par plusieurs utilisateurs en temps réel à partir d’ordinateur, de téléphone cellulaire ou de tablette.
Un outil qui demande peu de compétence de gestion de technologie et qui permet de se concentrer sur l’aspect pédagogique.
Un outil qui peut être utilisé pour réaliser plusieurs tâches liées à la présentation, la collaboration, la gestion de projets.
Il possède une interface simple et ergonomique qui permet au néophyte d’être efficaces rapidement, mais également des fonctions avancées qui plaira au l’utilisateur expérimenté.
Il est offert actuellement gratuitement pour les étudiants et les enseignants.
Il permet à des utilisateurs extérieurs à l’organisation d’être invités gratuitement par un lien web.

Réseaux sociaux


Réseaux sociaux : outils pour la curation et l’annotation collaboratives
Par Anne-Laure de Sarrau. Le 18 septembre 2018
Dans le cadre du projet : «Exploring Online Curation and Annotation Platforms» mené par notre collaboratrice Patricia Kingsmill, notre chroniqueuse Anne-Laure de Sarrau vous présente son évaluation des outils de curation et d’annotation collaboratifs colligés par Patti Kingsmill et Mark Prentice du Collège Vanier.  Pour obtenir plus de détails sur le projet du Collège Vanier, consultez l'article de Patti dans la version anglaise du site de la VTÉ.
L’intention d’une approche d’enseignement à travers un réseau social virtuel est de transformer une activité individuelle en une activité sociale. Tout le monde a bien compris combien les étudiants d’aujourd’hui ont besoin d’interactions et par voie de conséquence, l’offre d’outils de collaboration en ligne se diversifie. A tel point qu’il devient compliqué d’en évaluer chaque fonction et d’en mesurer la valeur pédagogique. Concernant la curation et  l’annotation, des enseignants du cégep Vanier, soutenus par la VTÉ, ont tenté d’y voir plus clair.
La curation a-t-elle un intérêt ?
La curation est une pratique qui consiste à sélectionner, éditer et partager les contenus les plus pertinents du Web pour une requête ou un sujet donné. Plus elle est collaborative, plus elle est riche. En ce sens, elle a un intérêt pédagogique certain puisqu’il s’agit d’exercer, ensemble, son discernement. Elle constitue aussi une étape préliminaire vers l’écriture en ligne puisque c’est une manière rapide et bon marché d’alimenter une thématique sans nécessairement produire de contenu.  Son enseignement ne doit pas tant porter sur les outils que sur le fait de savoir pourquoi on les utilise car une fois que les élèves sont capables de porter une analyse critique sur ces outils, ces derniers agissent comme de formidables filtres du web et améliorent la visibilité des contenus à haute valeur ajoutée mais mal référencés.
Pourquoi s’intéresser à l’annotation ?
L’annotation est utilisée depuis la nuit des temps dans l’enseignement et la publication scientifique mais elle prend un nouvel essor depuis que le problème n’est plus l’accès à l’information mais à l’information pertinente. L’information est là mais pas le temps pour la traiter individuellement. Or sans validation, l’information est souvent inutilisable. L’annotation numérique collaborative permet un travail collectif de recherche, recoupement, d’évaluation par les pairs, d’analyse et de synthèse qui sert, comme la curation, à nettoyer les données de leurs impuretés. Toutefois, l’annotation va un peu plus loin que la curation dans la mesure où elle sert à enrichir le contenu d’une source (sans pour autant l’altérer puisqu’elle n’apparaît pas sur le document d’origine). L’annotateur devient actif, créateur de contenu et, cerise sur le gâteau, peut se rapprocher de communautés d’intérêt pour partager le fruit de ses réflexions.
 Voici quelques outils disponibles en français.

 1.        Plateformes
  Lacuna Stories est une plateforme libre d’annotation collaborative qui offre la possibilité d’engager des discussions en fonction de thématiques précises et des supports d’enseignement qui les accompagnent (syllabus ou extraits numérisés, regroupement de sources…)
Valeur ajoutée dans un contexte d’apprentissage collaboratif
On a ici la possibilité de choisir son mode d’affichage (privé, accessible à l’enseignant uniquement, accessible à un groupe restreint, accessible à toute la classe). Cette flexibilité aide l’étudiant à se sentir à l’aise avec ce qu’il ne maîtrise pas encore et de travailler sur ses propres idées avant de les soumettre (ou pas) aux autres. Lacuna fournit également aux élèves un outil intéressant pour établir des liens sémantiques entre différents textes ou passages.
Un « kit de couture » rend possible la création de collections dans lesquelles les étudiants lient entre eux des extraits et des annotations au fur et à mesure que le cours avance. Cela favorise une assimilation plus profonde, plus personnalisée et plus libre car elle se fait autrement que dans l’unique perspective d’un travail à rendre. La fonction de marquage donne aux enseignants l’opportunité de créer des catégories pour organiser les réponses, telles que «notes de cours», «réflexions», «propositions de communication», «essais finaux»...
Le générateur de bibliographie automatique permet de relier des réponses à des textes spécifiques. Et tout comme les supports de cours, les réponses des étudiants peuvent aussi être annotées, ce qui facilite la rétroaction rapide et en temps réel des enseignants.
Les analyses de données renseignent sur la dynamique d’apprentissage individuel en mettant en lumière ce qui a été lu, commenté et assimilé. Sur un tableau de bord, les sujets qui intéressent ou posent problème sont ainsi identifiés et éventuellement travaillés en priorité en classe. Développé par une équipe pluridisciplinaire de professeurs, d'employés et d'étudiants à l’université de Stanford, cette plateforme en ligne est spécialement conçue pour les cours de sciences humaines ou pour travailler l’argumentaire, les compétences en lecture attentive et en écriture collaborative.
Pas de support technique mais de nombreux tutoriels et scenarii pédagogiques disponibles.
 Edublogs est une plateforme WordPress sur laquelle les instructeurs et les étudiants élaborent des eportfolios, des blogs et des sites Web. Elle fournit également des outils de gestion de classe avec lesquels les enseignants organisent et supervisent des sites d'étudiants. Chaque site comprend des pages statiques et des options de commentaires en direct. Les utilisateurs ont la possibilité de télécharger des médias et de commenter les publications. Les paramètres peuvent être définis pour autoriser les sites individuels ou de groupe et pour contrôler la confidentialité. Un grand nombre de thèmes est disponible pour personnaliser l’apparence. Edublogs héberge également une communauté pour les enseignants.
Valeur ajoutée dans un contexte d’apprentissage collaboratif
Les portfolios et la conservation stimulent les compétences analytiques des étudiants lorsqu'ils recherchent, sélectionnent, réfléchissent et annotent le contenu, que ce soit individuellement ou en collaboration. La fonctionnalité « Commentaires » sur les sites Edublogs peut être utilisée pour les remarques des pairs ou des discussions sur le contenu partagé (y compris le travail des étudiants). Les sites de groupe sont exploitables pour la conservation collaborative, le développement d’eportolio et l'écriture collaborative, ce qui permet des opportunités d'apprentissage coopératif.
 A mi-chemin entre la plateforme d’apprentissage en ligne et le logiciel, Curatr se destine aux grosses entreprises (une centaine de clients à travers le monde) qui souhaitent monter des formations en ligne et mettre en commun leurs savoirs.
En plus des fonctions d’annotations et discussions instantanées, il prend en charge les outils de gamification habituels comme les badges, les systèmes de points bonus, etc. Alors qu’une plateforme d’apprentissage en ligne englobe toutes les fonctions liées à l’apprentissage y compris la gestion administrative, Curatr aurait tendance à se concentrer sur la formation continue en mode social quitte à s’intégrer aux plateformes habituelles lorsque les besoins sont plus vastes.
Ses fonctionnalités sont biens résumées sur le site australien Superb Learning.
Valeur ajoutée dans un contexte d’apprentissage collaboratif
Elle se révèle importante. De fait, Curatr est conçu avant tout pour faire l’expérience d’un apprentissage social. Il n’est a priori ni un outil de création collaborative, ni un réseau social professionnel ni un système de gestion de l’apprentissage au sens strict. Cependant, avec un peu d’imagination, on est susceptible de l’exploiter à de nombreuses fins pédagogiques. Apprentissage collaboratif, évaluation par les pairs… Il offre aux enseignants de quoi concevoir, partager et animer des scénarii pédagogiques interactifs selon une approche d’apprentissage social, par exemple dans le cadre de MOOCs. C’est d’ailleurs pour les classes virtuelles que Curatr s’avère le plus intéressant.
Mais avant tout, comme son nom le laisse supposer, il est performant pour la curation, or nous avons vu que cette activité encourage le discernement car elle oblige les étudiants à rassembler, sélectionner, réfléchir et annoter le contenu. Ses fonctionnalités « commentaire » et « messagerie » simplifient les discussions et ses fonctions de gamification soutiennent une démarche de pédagogie différenciée tout en motivant les élèves.
Même en mode présentiel (ou hybride) il peut s’avérer utile pour accéder à la bibliographie du cours, aux devoirs, aux évaluations, aux modifications d’horaires… En bref, Curatr est un outil simple mais ses applications sont nombreuses !
2.        Logiciels et applications
 Destinée en particulier aux étudiants qui réalisent des travaux de recherche ou à ceux qui ont besoin de présentation d’information formelle, Zotero est une application en ligne gratuite de gestion bibliographique. Plus de 7000 styles sont téléchargeables. On trouvera beaucoup de documentation et de tutoriels sur le site des bibliothèques de l’UQAM, ou de la bibliothèque du Collège Montmorency ainsi que sur le blog Zotero francophone.
Valeur ajoutée dans un contexte d’apprentissage collaboratif
Résultat de recherche d'images pour "zotero"Bien qu’il ne propose pas de fonctions de clavardage ou d’annotations partagées, il a la capacité de synchroniser les données d’un groupe de travail privé depuis plusieurs ordinateurs. Libre alors aux participants de rassembler leurs recherches, de les commenter pour ensuite éditer des bibliographies pertinentes. Des rapports automatiques permettent éventuellement à l’enseignant d’en prendre connaissance et de donner son avis.

A partir d’un corpus préalablement choisi et téléchargé, Zotero facilite l’organisation d’une bibliothèque numérique personnalisée grâce à l’ajout de notes, de mots-clés, de pièces jointes ou de métadonnées. Il peut donc être utilisé pour approfondir les compétences individuelles de recherche et pour les cours ayant une composante méthodologique.
Hypothes.is est un autre outil libre et gratuit dont le cœur de cible est le milieu universitaire ou collégial. Néanmoins, il présente plus d’opportunités de collaboration Hypothesis offre toutefois plus de possibilités que Zotero, par exemple celle d’annoter et surligner n’importe quel contenu en ligne. Soit les images et vidéos sont elles-mêmes annotées, soit elles viennent enrichir une annotation et en deux temps trois mouvements, un cours devient personnel et enluminé ! Pour ceux qui ne rêvent pas d’esthétique, le tableau de bord simple suffit amplement.
Hypothes.is est une plugiciel souple qu’on greffe facilement à son navigateur préféré. Attention toutefois : par défaut, les annotations sont en accès public. Il faut donc leur affecter des métas catégories favorisant le rapprochement des annotateurs et la constitution de groupes semi-fermés.
La licence étant libre, il est tout à fait envisageable de traduire l’interface en français. En attendant, les annotations s’ajoutent évidemment en n’importe quelle langue.
Un critère de choix mérite d’être mentionné : ses liens historiques avec le groupe Annotation du W3C dont on espère beaucoup en matière d’interopérabilité.
Valeur ajoutée dans un contexte d’apprentissage collaboratif
Les enseignants se servent d’Hypothes.is pour annoter des textes, sélectionner les annotations des étudiants par thème, créer des glossaires automatiquement à partir de mots-clés ou encore poser des questions en direct aux étudiants, vérifiant ainsi leur degré d’implication. On trouvera des idées d’activités pédagogiques à cette adresse : https://web.hypothes.is/blog/back-to-school-with-annotation-10-ways-to-annotate-with-students/
Les étudiants pourront l’exploiter pour annoter des cours magistraux, créer des index ou des bibliographies et surtout, identifier des intérêts communs grâce au moteur de recherche. Il suffit ensuite de créer une page d’accueil commune semi-privée et d’activer la fonction clavardage, laquelle facilite la lecture active et l’analyse critique des points de vue De nombreux exemples d’utilisation en classe sont à découvrir ici : https://web.hypothes.is/examples-of-classroom-use/
Quelque part entre un agrégateur et un éditeur de sites Web, Padlet permet de créer à plusieurs le contenu de son choix, qu'il s'agisse d'un tableau d'affichage, d'un blog ou d'un portfolio. Dans ces conditions, chacun a la liberté de partager et commenter du contenu, de télécharger des fichiers (différents formats possibles) et d’y insérer du texte, des mémos vocaux, des vidéos, de créer des dessins, de générer des bibliographies attractives, etc.
Les utilisateurs ont un éventail de différents arrière-plans, polices et formats pour chaque « padlet ». Dans le format "Canvas", les éléments postés sont liés avec des flèches (indexées ou non). Dans le format "Shelf", les utilisateurs trouvent ce qu’il faut pour créer des colonnes et des en-têtes pour chaque colonne afin d'organiser leurs publications verticalement et horizontalement. Les articles postés sont transposables. Les tableaux d’affichage peuvent être liés les uns aux autres et des permissions peuvent être définies de sorte que les autres utilisateurs soient autorisés à consulter ou éditer un tableau.
Valeur ajoutée dans un contexte d’apprentissage collaboratif
Grâce à une interface attractive et des fonctionnalités faciles à prendre en main, Padlet séduit les enseignants et ouvre de nombreuses perspectives pédagogiques en écriture, réécriture, annotation et discussion. Concrètement, Padlet est un outil intéressant pour la curation, pour le partage de cours et pour développer des portfolios.
La gestion des droits donnés à chaque utilisateur est assez fine pour un usage en classe. L’enseignant a la possibilité d’affecter un rôle d’observateur, commentateur, modérateur, éditeur ou administrateur. De cette façon, il décide du niveau de collaboration attendu.  Soit le travail se fait sur les propres recherches de l’étudiant, soit il se joint à un groupe qui met en commun ses trouvailles, les annote et les commente. Les compétences en analyse de l’information et en travail coopératif sont ainsi  mobilisées.
Dans la version « Padlet Back Pack », les enseignants gèrent un espace plus sécurisé et disposent d’un tableau de bord avec les comptes d’étudiants, lesquels décident de partager leur travail ou non. Quelques idées de séances d’apprentissage avec Padlet sont partagées sur le site E-pédagogie.
Plutôt orienté grand public, Clipix est un tableau d’affichage en ligne. Une fois identifiés, les utilisateurs téléchargent éventuellement du contenu sur leur propre tableau ou bien interagissent en temps réel sur des espaces communs dédiés (les syncboards). Plusieurs tableaux sont à même d’être créés et synchronisés avec des permissions d’accès diverses.
Valeur ajoutée dans un contexte d’apprentissage collaboratif
On conçoit que Clipix puisse être utilisée pour rassembler un corpus d’informations et proposer aux étudiants de réfléchir ensemble à son contenu. Ou bien encore, on devine facilement son potentiel pour une dynamique d’examen par les pairs ou de forums de discussions pour construire des argumentaires. En revanche, contrairement à Padlet, il n’est pas faisable d’annoter autre chose qu’un commentaire.
Bien que visuellement attrayante et utile pour introduire le concept de partage d’informations, cette petite extension de navigateur manque de flexibilité. Une fois les éléments ajoutés au tableau par ordre chronologique, une réorganisation par thème s’avère compliquée. On le considère donc davantage comme un outil de mise en commun d’idées préliminaires à un travail collaboratif plus que comme véritable outils de curation.
Feedly, disponible sous forme d’application mobile ou plugiciel, cible, agrège et organise automatiquement du contenu en fonction de mots-clés préalablement enregistrés. Il compte parmi les outils de curation et de veille les plus populaires car il ne se limite plus à sa fonction d’agrégateur de flux RSS et Atom. Depuis l’année dernière, il prend en charge l’annotation et le commentaire en groupe.
Résultat de recherche d'images pour "feedly"
(Interface en anglais mais recherches possibles en français.)

Valeur ajoutée dans un contexte d’apprentissage collaboratif
L’abonnement de base suffit pour aider les étudiants dans leurs recherches préliminaires en particulier dans les blogs, rapports, conférences, thèses et toute la littérature grise. Cependant, seul l’accès payant avec l’option Teams Package autorise les abonnés à faire de la curation collaborative, à annoter, à surligner et à partager du contenu sur des tableaux de bord ou des listes de diffusion. C’est un outil pratique et facile pour les échanges en direct et adéquat pour stimuler les compétences habituelles engagées dans un travail collectif (sélection de l’information, définition de catégories de classement communes, analyse critique, revue par les pairs, lecture active, etc.)
Ebsco est un service d’indexation de bases de données qui permet à ses utilisateurs de chercher des sources bibliographiques, d’écrire des notes sur des articles, de les sauvegarder et de les partager éventuellement.
Valeur ajoutée dans un contexte d’apprentissage collaboratif
Malheureusement, ce service manque d’interactivité. On peut lire les annotations mais on ne peut ni les commenter ni les enrichir. Cet outil se révèle intéressant pour organiser ses propres recherches et dans une certaine mesure, permet de travailler en groupe en activant les fonctions de dossiers partagés mais dans ce cas, n’importe quel utilisateur ayant accès au dossier est en mesure d’effacer les notes. D’autre part, il n’est pas envisageable de prendre des notes simultanément ni d’échanger ses idées en direct. Pour cela, l’enseignant doit obligatoirement passer par des plateformes comme Lacuna Stories ou d’autres.
La bestiole est connue mais pas pour son potentiel collaboratif. Or, depuis sa création, les possibilités d’écriture et de création en groupe se sont enrichies. Aujourd’hui, il relie et fédère des communautés de personnes gigantesques. En tant que tel, il véhicule des messages ayant notamment pour but de partager des points de vue, d’exhorter à des actions ou encore de créer et d’entretenir la polémique.
Ce n’est donc plus juste un réseau de microblogage sur lequel on suit des dizaines de de comptes. Il suffit de créer des Twitter Moments pour regrouper des informations par thèmes et c’est parti pour la curation, le partage et les débats ! Comme la présentation est dynamique, on peut y ajouter des listes de « gazouilleurs » populaires ou s’abonner à des listes déjà actives et participer à l’enrichissement des informations glanées par chacun. Chaque thème préalablement décrit et indexé donne donc accès à des contenus ciblés à partir desquels on interagit et que l’on partage ou pas avec ses followers. Un système d’alerte permet de savoir quelles nouvelles informations arrivent sur le fil.
Valeur ajoutée dans un contexte d’apprentissage collaboratif
S’il a longtemps été victime de réticences plus ou moins fondées, force est de constater qu’aujourd’hui, Twitter est largement reconnu comme outil pédagogique. Apportant une plus-value certaine pour les recherches personnelles ou en groupe, il a pleinement sa place dans cet article.
 La forme courte des gazouillis appelle une véritable concision d’écriture, ce qui résulte souvent d’une créativité linguistique particulièrement foisonnante et, avec l’interaction de ses pairs, toujours en émulation.
 On ne reviendra pas sur le concept du mot-clic (hashtag) aussi utile pour le repérage et le suivi d’une information en temps réel…. avec tout ce que ça génère comme pollution documentaire. Pour éviter cet écueil, il suffit juste de s’organiser en amont pour réfléchir à une indexation pointue qui ne repêche que les listes pertinentes.
 Obligeant à agréger, sélectionner et réfléchir sur un contenu pas toujours fiable, Twitter Moments est donc à la fois :
un outil de curation de contenu événementiel
un forum de discussion qui encourage l’expression claire de son point de vue
un outil de conservation (d’un travail en classe, d’une conférence, d’un atelier…)
outil de création aussi puisque les Moments  supportent toutes sortes de médias
un agrégateur d’information
un support solide pour traiter le problème de l’identité numérique
 La multitude d’activités pédagogiques démontre le potentiel étonnant de cette petite application qui a priori ne cassait pas trois pattes à un « cygne ».
 3.        Suites
 Après le piaf aux 280 pattes de mouche, les gros mammouths mettent les pieds dans le plat. Plus c’est gros plus c’est beau ?
La plupart des fonctions d’Office 365 et G Suite prennent en charge le travail collaboratif en (ou hors) classe. Qui en doutait ? Les étudiants et les enseignants peuvent les utiliser pour un nombre infini d’activités pédagogiques collaboratives : coédition, revue par des pairs, conception d’exposés multimédias, animation de discussions en ligne et, évidemment, annotations partagées. Les possibilités sont telles qu’on en est étourdi et qu’il est parfois difficile d’en imaginer les applications concrètes. Grands gestionnaires d’outils infonuagiques, ils permettent à un nombre important d’utilisateurs de collaborer en temps réel, de repérer et commenter le travail des autres, de visualiser différentes versions d’un document commun, de définir des paramètres d’accès et de sécurité, et ainsi de… suite.
Globalement, Office est moins performant pour l’écriture collaborative sur Excel Online ou Power Point Online. Les temps de chargement restent plus longs et les fonctionnalités collaboratives moins développées que sur les versions logicielles. En même temps, les outils d’édition de G Suite sont moins bien intégrés que ceux d’Office au reste de leur plateforme respective.
Parce que le travail collaboratif induit l’échange de documents d’où qu’ils viennent, la question de la compatibilité des formats se pose. Sur ce point, Google est en avance même si l’importation d’un fichier natif d’Office sur sa plateforme n’est pas parfaite.
G Suite pour l'éducation met à disposition gratuitement les fonctionnalités de G Suite Business aux établissements d'enseignement primaire, secondaire et supérieur.
Il offre deux catégories de services :

Les services principaux de G Suite (tels que Gmail, Agenda et Classroom) autour desquels s’articule la solution pédagogique que Google propose aux établissements. 
Les services complémentaires (YouTube, Maps et Blogger, etc.) qui s'adressent au grand public et sont exploitables à des fins éducatives par des comptes G Suite pour l'éducation (après accord de l'administrateur de domaine de l'établissement).
Pour un exemple d’utilisation en Cegep, voir le projet Chromebook
Office 365 réunit un ensemble de services dans le nuage (tels que OneDrive, Exchange Online, Skype Entreprise, SharePoint Online, Yammer...) en abonnement mensuel ou annuel. Néanmoins, elle n’empêche pas le travail en mode déconnecté. La suite a été développée pour les entreprises et s’est ouverte à l’éducation. Certaines fonctions sont donc moins adaptées.
Conclusion
La curation date grosso modo des premiers flux RSS mais le développement des réseaux sociaux ont fait exploser les canaux d’information traditionnels. Dans une démarche d’apprentissage à vie, elle n’est plus optionnelle. Elle est incontournable pour ne pas mourir noyé sous un déluge de données. Charge aux enseignants d’éduquer au captage intelligent d’informations dès la formation initiale en tirant profit d’outils comme Clipix, Twitter et Edublobs pour l’écriture collective. Nous venons de voir que les moyens ne manquent pas et que pour la plupart (dont Feedly et Curatr), ils intègrent maintenant des  fonctionnalités collaboratives (commentaires et annotations, curation collaborative). 
Annoter le contenu en ligne n’est pas non plus une idée nouvelle mais avec le développement des pratiques d’apprentissage collaboratif, les annotations posent le problème de leur partage et de leur réutilisation lorsque les technologies propriétaires ne sont pas compatibles. A tel point que le World Wide Web Consortium s’est penché sur le sujet pour tenter de normaliser les annotations et encourager la mise en place d’une architecture interopérable. A terme, l’annotation pourrait être une fonction native du navigateur et donc indépendante des éditeurs de contenu. Plusieurs questions restent en suspens comme par exemple la modération d’annotations inappropriées ou la protection des données personnelles. Si l’initiative du W3C est louable, elle se limite à des recommandations techniques. Or, des annotations normalisées constitueraient  un vivier d’information ultra qualifiées dont les requins publicitaires ne feraient qu’une bouchée si aucune charte éthique ne venait circonscrire leur appétit. Hypothes.is suit de près cette problématique.
Dans le cadre d’un cours, théoriquement, le risque est encadré. Pour l’heure, les enseignants et étudiants qui profitent des outils évoqués précédemment sont enthousiastes, ne serait-ce que parce qu’ils réhabilitent la place du « brouillon » et des écrits intermédiaires dans la construction des apprentissages. C’est dans cette approche réflexive de l’écriture collaborative que Padlet, Lacuna Stories ou d’autres apportent une vraie plus-value pédagogique. L’enseignant n’évalue plus seulement la production finale mais aussi la démarche qui y a conduit. Une démarche qui exige de porter un regard analytique et critique sur soi ainsi que sur sa position, son rôle et ses pratiques. N’est-ce pas plus important et plus authentique que tous les rapports d’analyse de l’apprentissage automatiques qui sont censés nous définir ?